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Paul-Louis de Létraz

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Au détour d’une route,

Le coeur en déroute,

Tu écrasais de ton pas,

La colère qui était en toi

Et giclait avec fracas.

 

Sans trop savoir pourquoi,

Je t’offris de te conduire,

Tu répondis

Que personne ne saurait te conduire.

 

De ce dépit,

Nous aurions dû en rester là,

Néanmoins tu montas :

« Tu n’as pas peur ?

– Pourquoi aurais-je peur ? »

 

Rapidement filait la moto,

Tu te portais

Contre mon dos,

Les kilomètres défilaient,

Que jamais ils ne s’arrêtent ;

On s’arrêta ;

Ton sourire remercia,

L’oeil aux aguets.

 

Une petite croix de faussaire

Se balançait à ton cou,

Cadeau d’un vicaire ;

Elle te fit rire

Et rougir,

Accompagné d’une moue,

Lorsque je la pris

Dans ma main.

Ton front se renfrogna

Lorsque je remis

Ce Christ à ta main,

Qui sur Lui, se referma.

Quel souvenir honteux

Te couve de son feu ?

 

Tu as ôté la médaille de ton cou ;

D’un regard triste,

L’a glissée dans ta poche,

Les yeux baissés

Pour ne pas pleurer.

 

Sur nous,

Un silence défaitiste

Que tu brises sans un reproche,

Les yeux levés

Pour m’excuser...

 

à ton cou, se balançait...

« à ’écoute du Monde, commence l’exil », poésies 1970

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