http://www.paul-louisdeletraz.org

Paul-Louis de Létraz

html://www.paul-louisdeletraz.org
info@paul-louisdeletraz.org

Dans cette nuit hivernale,

La lune au-dessus de la cathédrale,

L’ombre de saint Corentin

Pour recueillir notre amour ;

Sur ta chevelure, le crachin

Pour retarder l’attente du jour.

 

Les rares passants

Jetaient

Un regard louche

Sur ces enfants

Qui s’embrassaient

Sur la bouche.

 

Le vent de noroi,

Cognant la gothique paroi,

N’eut pas raison

De notre déraison ;

Tout amourachés,

Nos rires mêlés,

Ce fut une course

Effrénée dans les bois,

Nous n’avions pas peur de l’ours,

Mais de nos désirs

Que menait le prodige ;

Pour les assouvir,

Son audace dictait les lois,

J’en étais l’homme-lige.

De cet amour,

Notre secours

Ébloui sur ton front,

De ta jeunesse

Qui s’immolait à ma tendresse,

Dans nos voix, chantant

Un invraisemblable sermon,

Nous couchaient rayonnants

Sur la dune

De notre solitude commune.

Nous pouffions,

Nous nous embrassions,

Nos mystères pillés,

Par nos mains, immolés.

 

Nos destins

N’étaient pas de vivre ensemble,

Mais simplement de s’aimer ;

De ce volontaire dessein,

La difficulté d’être désassemble

Ceux qui veulent s’aimer.

 

Il en fut ainsi pour nous,

Comme ainsi, prématurée

Fut cette corde sur ton cou,

Pour remplacer

Mes bras absents ;

La mort

Pour crier plus fort.

 

Souvent,

Pour ne pas dire toujours,

Au vent portant,

Dans le chant de la mer,

Dans la lumière du jour,

Ton visage fier

Sèche mes pleurs

Pour un malheureux bonheur ;

Cruelle récompense,

Au coeur de ces ténèbres

Où se célèbrent

Les délires de notre indigence.

 

L'ombre de saint Corentin

« Le jour de la mort », poésies 1982

© 2017 / Thyrse éditeur / all rights reserved)

© 2017 - paul-louisdeletraz.org

CONTACT

legal deposit : Library of Congress